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Un couple d'avocats défend le divorce du 21ème siècle : aimable et à l'amiable, avec garde alternée et famille recomposée, loin des atroces scènes de ménage de la génération précédente. Mais le jour où leur couple vole en éclat, il faut passer de la théorie à la pratique : fini les beaux discours, place à la guerre...
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Entretien avec Valérie Guignabodet
Réalisatrice
Après MARIAGES !, DIVORCES... évidemment ?
Et oui, c'est hélas aujourd'hui la suite logique pour un couple sur trois en France et même un couple sur deux dans les grandes villes... Le phénomène s'amplifie d'année en année et commence à prendre la forme d'une véritable révolution de mœurs qui bouleverse l'ensemble de notre société.
Et paradoxalement, il y a très peu de films sur le divorce. On se souvient bien sûr du bouleversant KRAMER CONTRE KRAMER de Robert Benton, un pur drame, et de LA GUERRE DES ROSE de Danny DeVito, une pure comédie, sortis respectivement en 1980 et 1990... Et depuis ? Beaucoup de films sur l'avant divorce (la séparation) et sur l'après divorce (la solitude ou la famille recomposée) mais pas grand chose sur le divorce même. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que, malgré sa banalisation, le divorce continue à faire peur. Peut-être reste-t-il dans le fond de nos consciences quelques bribes du tabou absolu qu'était le divorce il y a 50 ans, de cette peur collective qui continue peut-être de nous hanter... ce qui rend le sujet d'autant plus passionnant !
La suite logique, donc ?
Ce n'est pas la suite directe, puisqu'il ne s'agit ni des mêmes personnages, ni de la même histoire. En tant que spectateur, je déteste les suites qui sont souvent des resucées plus ou moins heureuses d'un succès commercial. Les seuls liens directs entre les deux films sont les prénoms des deux personnages principaux, que je me suis amusée à conserver, et un petit clin d'oeil avec la reprise du couple de cousins (joués par Marianne Groves et Frédéric Maranber) que l'on voyait bien mal en point dans MARIAGES ! et que l'on trouve ici en plein divorce...
Disons que DIVORCES n'est pas la suite mais la poursuite de MARIAGES !... La poursuite de l'exploration d'un thème passionnant : le couple, dernière grande aventure collective du 21ème siècle... MONIQUE parlait de l'ennui dans le couple : comment un homme plaqué pour cause de lassitude choisit de se lancer dans une aventure avec une créature qui ne lui demandera rien. MARIAGES ! parlait de la difficulté de l'engagement : pourquoi y croire encore quand partout autour de nous le mariage est voué à l'échec ?
DIVORCES parle de la réalité de la séparation : à l'heure où le divorce est présenté partout comme une étape presque inéluctable de la vie sentimentale, où la multiplicité des amours semble devenir le seul gage d'une vie sexuelle et sentimentale épanouie, j'avais envie d'ausculter la réalité des faits.
Comment en arrive-t-on à se dire : « C'est fini. On part chacun de son côté en menant chacun sa vie. » ? Je suis moi-même divorcée, je sais de quoi je parle : aujourd'hui, quand on n'aime plus sa vie, on change de couple plutôt que de changer de vie, alors autant savoir à quoi on s'expose... Et la réalité est souvent beaucoup plus dure que l'image édulcorée qu'on nous présente aujourd'hui. En fait c'est un film qui devrait être conseillé à tous ceux qui ont envie de se séparer... et à tous ceux qui n'ont pas envie de se séparer !
La poursuite est-elle terminée ?
J'espère bien que non ! Le couple est un sujet inépuisable et comme, en plus, j'ai enfin trouvé le coscénariste dont je rêvais, Franck Philippon, j'espère vraiment qu'ensemble nous continuerons à creuser ce sillon passionnant. Mais nous ne sommes pas pressés : il faut du temps pour se renouveler et tenter d'apporter à chaque film une véritable réflexion.
Mais trois comédies sur quatre films, vous vous spécialisez quand même ?
D'abord, je ne suis pas sûre que mes films soient vraiment des comédies... ou alors des comédies qui font aussi pleurer ! Et puis c'est quoi exactement une comédie ? ANNIE HALL de Woody Allen et LES BRONZÉS de Patrice Leconte sont au rayon « excellentes comédies » et pourtant il n'y a pas beaucoup de rapport entre les deux ! Pour moi le rire, c'est une façon élégante d'explorer le tragique. Et les relations de couple, malgré leur grande banalité, confinent souvent au tragique... C'est dur de faire rire, c'est dur de faire réfléchir... et si en plus on pleure, tout ça dans un même film, alors tant mieux !
Mais c'est vrai que j'aime les dialogues qui fusent, qui détournent le cliché, qui étonnent ou prennent à contre pied. Sur un seul mot, parfois, un pauvre petit «spermophile», je suis capable d'y passer des heures...
Et j'aime aussi explorer les phrases d'auteurs : d'où les citations dans MARIAGES ! et dans DIVORCES. Une citation, c'est une phrase pertinente qui fait sourire et réfléchir, et qu'on a envie de retenir. Tout ce qu'on rêve de réussir dans un dialogue...
Le pari de prendre des acteurs ayant peu de premiers rôles à leur actif était-il risqué ?
Quand je prépare un film, je me mets en permanence en état de spectateur : qu'est-ce que j'aurais envie de voir ? Je suis comme beaucoup de spectateurs d'aujourd'hui, j'aime découvrir ou redécouvrir des nouvelles têtes. Quand le cinéma tourne trop autour des mêmes acteurs, cela finit par tuer le désir car les personnages ne nous emportent plus. Et d'ailleurs le public ne s'y trompe pas et ne juge plus les films sur leur casting : on le voit de plus en plus bouder des films de vedettes et célébrer des bons films avec des inconnus...
J'essaie donc autant que possible d'apporter des surprises dans un casting. C'était un des plaisirs de MARIAGES ! : découvrir Jean Dujardin dont c'était le premier rôle important au cinéma, redécouvrir Lio et Miou-Miou qu'on n'avait pas eues dans des comédies depuis longtemps. Voir Mathilde Seigner dans un rôle grave et presque muet ou retrouver le très rare Sami Frey contribuait au plaisir de DANSE AVEC LUI. Et j'espère qu'on trouvera dans DIVORCES le même plaisir de la découverte. En tout cas en tant que metteur en scène ça a été un bonheur de proposer à François-Xavier Demaison son second premier rôle après COLUCHE, L'HISTOIRE D'UN MEC de Antoine de Caunes ou d'offrir à la merveilleuse Pascale Arbillot la rampe de lancement qu'elle mérite depuis si longtemps...
Quant à l'aspect financier, c'est bien entendu plus facile de monter des films avec des stars mais Philippe Godeau est un producteur courageux qui choisit un scénario avant de choisir un casting, et j'ai aussi la chance d'avoir fait jusque là des films qui ont bien marché et qui m'ont valu une certaine confiance de la part des coproducteurs et donc une certaine liberté : autant l'utiliser pour explorer de nouvelles voies. Et pourvu que ça dure !
Comment avez-vous choisi François-Xavier Demaison et Pascale Arbillot ?
François-Xavier, je suis allée voir son spectacle et au bout de trois minutes, l'évidence s'est imposée : il fallait que je tourne avec lui ! Franck Philippon et moi avons écrit le scénario en pensant constamment à lui mais malheureusement, il n'était pas libre aux dates où nous voulions tourner. J'ai alors cherché ailleurs, mais rien, ni personne ne s'imposait...
Jusqu'au jour où il m'a rappelée pour me dire que le film qu'il devait faire avait été décalé et qu'il était à nouveau libre. La rencontre entre un rôle et un acteur, c'est comme une histoire d'amour : une question de désir mutuel et de bon timing !
L'alchimie s'est faite, immédiate. C'est extrêmement facile et agréable de travailler avec François-Xavier. Il possède une amplitude de jeu exceptionnelle, est capable de passer dans la même réplique du comique le plus pur au drame le plus absolu. Il est d'une grande intelligence, il a une énorme capacité de travail et ne se plaint jamais. Même quand il se retrouve à faire des allers-retours en avion pour tourner avec nous pendant la journée et jouer son spectacle à l'autre bout de la France le soir, le lendemain matin il est sur le plateau à 7 heures, et toujours avec le sourire... Des qualités hélas suffisamment rares pour ne pas le remarquer !
Je retrouve le même sentiment qu'avec Jean Dujardin au moment de MARIAGES ! : un potentiel comique hors du commun renforcé par une grande sensibilité et beaucoup de travail. Ça donne le pressentiment d'un destin fort. Je pense que François-Xavier, s'il fait les bons choix de films, va aller très loin.
Pascale Arbillot, je la connais et l'observe depuis très longtemps. Pascale, c'est d'abord une sensibilité à fleur de peau et une grande intelligence de jeu affinée par des années de travail : télé, théâtre au plus haut niveau, cinéma dans des rôles très variés. Regardez COCO de Gad Elmaleh, PARLEZ-MOI DE LA PLUIE de Agnès Jaoui et DIVORCES : vous ne la reconnaîtrez tout simplement pas.
À l'opposé des acteurs qui imposent leur personnalité au rôle et finissent parfois par lasser, elle se fond dans les rôles, elle devient ses personnages.
En plus, elle a le rythme dans la peau. Avec mes dialogues mitraillettes, j'ai besoin que ça fuse et en même temps que ça reste juste, vrai, humain tout le temps. C'est une équation très difficile à obtenir d'un acteur : souvent le rythme tue l'émotion et vice et versa. Elle fait partie des rares qui peuvent manier les deux.
Pour tous les autres rôles, avec mon directeur de casting Gérard Moulevrier, nous nous sommes amusés à réunir une brochette de comédiens venus d'univers très différents : Geneviève Casile, Brigitte Catillon, Serge Hazanavisius, Juliette Arnaud, Zinedine Soualem... et Gilles Gaston-Dreyfus, une sorte de mascotte sur mes tournages, puisqu'il les a tous faits. Mari frustré dans MONIQUE, prêtre dans MARIAGES !, moniteur d'équitation dans DANSE AVEC LUI, et pompier dans DIVORCES : il s'empare de chaque rôle avec délectation et me surprend à chaque fois.
Un tournage joyeux, donc ?
À la fois joyeux et très studieux... Nous avons énormément travaillé avant le tournage : tous les acteurs principaux avaient répété toutes les scènes importantes.
Cela nous a permis d'affiner certaines scènes et certains dialogues et d'arriver sur le tournage avec une confiance et une liberté extraordinaires afin de se concentrer sur l'essentiel.
Même si le jeu était très délicat à réussir, d'un point de vue technique, ce n'est pas un film qui posait des problèmes particuliers de tournage, le scénario n'imposant pas de cascades ou de prouesses particulières...
Cependant lorsque tout est simple d'un point de vue technique, il est facile d'oublier de travailler l'image et le son et de se retrouver avec une lumière plate, un mauvais son et une musique banale. Dans le métier, on dit parfois avec beaucoup de condescendance : « C'est une image de comédie ». Mais une belle « image de comédie », c'est ce qu'il y a de plus dur à réussir, justement parce qu'on ne peut pas se raccrocher à des prouesses visuelles ou un univers original et qu'on doit rester dans la vraie vie au risque de perdre la crédibilité de l'histoire. Mais là, avec toute l'équipe - image, son, beauté, décors - chacun s'est surpassé pour que ça soit le plus vrai et le plus beau possible... J'espère qu'on a réussi.
Le mot de la fin ?
Laissons-le à Oscar Wilde : « Le mariage est la principale cause de divorce. L'amour rend aveugle, le mariage rend la vue. Les hommes se marient par lassitude, les femmes par curiosité... Les deux sont déçus. »
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Entretien avec François-Xavier Demaison
Qui est Alex ?
Un homme marié depuis quinze ans, père de deux enfants et qui, comme un homme sur deux à Paris, un sur trois en province, divorce. Situation banale, donc, si ce n'est qu'il est avocat spécialisé dans les divorces à l'amiable, et qu'il va s'apercevoir que faire divorcer est une chose, le faire soi-même en est une autre et que l'affaire peut devenir sanglante.
Valérie Guignabodet a écrit le rôle pour vous, cela met-il une pression supplémentaire ?
Au contraire, cela fait très plaisir. Nous nous connaissons depuis un moment. Elle était venue voir mes spectacles au Casino de Paris et à l'Olympia, nous avons sympathisé.
Elle a écrit de son côté et ce fut un réel bonheur que de pouvoir enfin trouver une date qui concorde pour tourner ensemble ce film.
Le scénario était excellent, très bien écrit, très précis, oscillant sans cesse entre rire et émotion, toujours sur le fil du rasoir.
Vous avez vu ses trois premiers films ?
Oui et je les ai beaucoup aimés. Que ce soit dans la comédie, comme dans MONIQUE ou MARIAGES !, ou dans un registre beaucoup plus grave, comme dans DANSE AVEC LUI, ses films sont toujours dans la sincérité et dans l'humain et c'est ça que j'aime. DIVORCES est plus émouvant que MARIAGES ! mais le thème le rend évidemment plus dur, parfois même bouleversant, surtout pour des spectateurs qui ont été confrontés à la réalité du divorce.
On se laisse facilement diriger par une femme ?
Valérie a une telle maîtrise, une telle intelligence, que cela est très rassurant pour un acteur.
Nous avons beaucoup d'affinités. Je savais, à la lecture du scénario, ce qu'elle voulait raconter. J'étais en totale osmose, je voyais où elle voulait nous amener, dans une très belle fable sur le couple avec de l'émotion et du drame mais aussi du rire et quelques scènes de comédie hilarantes qui permettent de prendre du recul face à ces situations difficiles.
Comment définiriez-vous Valérie ?
C'est quelqu'un de très exigeant, dans le bon sens.
Elle sait mener sa barque, son plateau, ce qui est agréable pour un acteur. Il est d'ailleurs curieux de constater que plus vous êtes encadré, guidé, plus vous êtes libre de créer, de jouer, d'être drôle ou émouvant. J'étais en confiance par rapport au scénario que je trouvais précis, sincère et original. Après il fallait jouer les scènes avec le plus vérité possible pour que les situations puissent parler aux gens, qu'ils puissent s'y reconnaître, y trouver des échos de leur propre vie, à la fois rire et pleurer.
Comment passe-t-on de Coluche à cet avocat quittant le domicile conjugal ?
Si les scénarios sont radicalement différents, la démarche d'interprétation, d'incarnation est la même dans mon travail d'acteur. Qu'on incarne un personnage célèbre comme Coluche ou un parfait inconnu comme Alex, il y a toujours la même recherche de sincérité et d'humanité.
J'aime beaucoup préparer mes rôles en amont, le travail me libère. Valérie nous a fait répéter toutes les scènes difficiles, bien sûr celles avec Pascale mais aussi celles avec les autres personnages importants du film. Ensuite, je fais ma sauce de mon côté. Mais ces séances de travail ont été très importantes car elles nous ont permis de nous connaître, d'affiner le scénario, de repérer les difficultés, et enfin d'arriver sur le plateau dans un climat de confiance et de réelle complicité. Nous étions prêts, il n'y avait plus qu'à se laisser aller au plaisir du jeu... Contrairement à ce qu'on pense souvent à propos de ce métier, tout ne se fait pas d'un simple claquement de doigts. Je ne connais pas un acteur, même le plus doué, qui puisse arriver sur le plateau les mains dans les poches et tout donner, tout de suite.
Quand avez-vous senti le déclic se produire ?
Il y a eu comme une évidence à la première lecture.
Ce personnage me parlait. J'avais déjà une idée assez précise de comment l'incarner à travers mes émotions, mes blessures. Je me suis servi de mon expérience.
C'est un personnage dont je me sens assez proche... même s'il me confronte à des situations assez extrêmes et à des défauts typiquement masculins.
Il y a également une forme de dureté, de cruauté. Au début, c'est Alex qui domine avant que tout ne s'inverse pour déboucher sur une bataille sans gagnant.
Comment avez-vous travaillé avec Pascale ?
Ce fut un réel bonheur. C'est une comédienne particulièrement adaptée à ce registre-là, dans le sens où elle est aussi à l'aise dans la comédie que dans l'émotion. Elle est entière : quand elle est émue, elle l'est profondément et quand elle est drôle elle l'est totalement. Elle a une palette de jeu très large : sa filmographie très variée prouve qu'elle peut passer d'un personnage à l'autre sans que l'on soit capable, la plupart du temps, de la reconnaître, ce qui est extraordinaire. Nous avons en commun ce goût de brouiller les pistes d'un rôle à l'autre... En plus Pascale est très belle mais elle ne se prend pas au sérieux, c'est une vraie camarade de jeu, une copine, rien à voir avec la diva qui se tâte le pouls... Que du bonheur !
Y a-t-il eu des scènes plus difficiles que d'autres ?
La scène de la tronçonneuse était particulièrement difficile à jouer parce qu'il fallait aller très loin dans le jeu tout en restant très sincère : un type découpant son mobilier en deux peut très facilement paraître excessif ! Heureusement, le scénario nous y amène de manière très juste, très logique, comme si c'était une évidence qu'il pète les plombs, ce qui facilite quand même l'interprétation. Et le plus incroyable, c'est que, alors que le film est terminé depuis plusieurs mois, la réalité a rattrapé le scénario avec un fait divers qui a eu lieu fin août dans les Ardennes, où un homme en instance de divorce a tronçonné l'ensemble de son mobilier pour prendre au mot sa femme qui réclamait le partage équitable des biens !
Il paraît qu'il est plus facile de changer de femme que de vie ?
Oui c'est vrai, c'est l'époque qui veut ça. C'est triste. On sent qu'Alex et Valentine pourraient revenir ensemble, il y a encore beaucoup d'amour dans ce couple, c'est aussi pour cela qu'ils se déchirent autant.
En sortez-vous avec une nouvelle vision du couple ?
Forcément. Ce film est une très belle fable sur le couple qui, comme tout ce qui nous émeut, nous fait réfléchir. Il y a dans le film une grande dureté, une justesse, mais aussi une grande sensibilité. L'espoir n'est pas loin et on sort du film en se disant que peut-être, avec un peu d'intelligence et beaucoup de sentiments, l'amour sera finalement possible...
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Entretien avec Pascale Arbillot
Qui est Valentine ?
Une femme d'une quarantaine d'années qui, a priori, a tout pour elle : un mari, deux enfants, un métier qu'elle aime. Une femme très active, une mère concernée et parfois un peu envahissante, bref, une femme d'aujourd'hui : apparemment équilibrée et heureuse, mais dans le fond beaucoup plus complexe, insatisfaite et perturbée que ce qu'elle laisse paraître.
Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec Valérie Guignabodet ?
Je connaissais déjà un peu Valérie, nous nous étions croisées plusieurs fois. Je l'ai revue, elle m'a proposé de lire le scénario et de faire des essais avec François-Xavier Demaison. J'ai été absolument ravie d'elle me choisisse pour le rôle. J'avais vu tous ses films. Je la trouve incroyable : dans la vie, elle est forte, intelligente et en même temps pudique, discrète, tout ce que j'aime.
Elle est très carrée dans le travail et en même temps extrêmement sensible.
Comment vous a-t-elle amené à ce rôle ?
Le scénario étant extrêmement bien écrit, avec des dialogues précis et pertinents, il n'y avait plus qu'à interpréter tout en faisant attention de ne pas en faire trop. Nous avons beaucoup répété, après il fallait suivre le scénario et connaître à fond le texte afin d'être le plus libre possible sur le plateau et de se laisser porter.
Y a-t-il des scènes qui vous ont paru plus difficiles que d'autres ?
Aucune scène ne m'a fait plus peur qu'une autre pour la simple raison que... j'ai peur tout le temps !
Sur un plateau, le tract m'habite, j'ai peur de ne pas savoir tout donner, je suis perfectionniste et je veux toujours aller plus loin. C'est pourquoi c'était génial d'avoir quelqu'un comme Valérie, exigeante, pointilleuse dans le bon sens du terme, et en même temps toujours souriante et rassurante. J'ai pu me reposer sur son regard.
Comment cela s'est-il passé avec François-Xavier Demaison ?
Divinement bien. Il fait partie des acteurs qui bossent, il est hyper sérieux, très présent sur le plateau, extrêmement fin dans son jeu. Travailler avec lui quotidiennement fut un réel bonheur. Nous avons bien rigolé.
C'est le mari idéal ?
Je pense que le mari idéal n'existe pas, c'est bien ça le problème.
Et avec les deux petites comédiennes qui jouent vos filles ?
Ça a été incroyablement facile, malgré des scènes souvent complexes émotionnellement. La maturité des très jeunes comédiens me fascine. Elles avaient une capacité à analyser les situations plus vite que les adultes, elles savaient où se placer, avaient le sens du travail... tout en conservant en permanence le plaisir enfantin de jouer. Je continue à être en contact sur Facebook avec la plus jeune, elle m'envoie des bisous en chocolat !
Vous avez, dixit Valérie, une énergie, un rythme qui collent à ses dialogues mitraillettes ?
Je parle effectivement très vite et elle m'a dit de ne rien changer ! Ses dialogues sont denses, vifs, piquants et très drôles à condition d'être «balancés»... ce qui nécessite un très bon ingénieur du son et une très bonne mémoire ! Il fallait ciseler chaque dialogue, un vrai travail d'orfèvre au service du jeu. Quelle jubilation !
Quelle serait votre définition de DIVORCES, une comédie noire ?
Obligatoirement car même si on rit beaucoup, c'est un sujet grave. Le divorce est, après le deuil, le plus gros facteur de stress de nos vies contemporaines. Je ne l'ai donc pas joué comme une comédie mais comme un drame absolu, toujours dans le premier degré des sentiments. Il faut se prendre les portes dans la figure et se faire mal pour faire rire.
Vous en sortez avec une nouvelle vision du couple ?
DIVORCES parle d'un couple qui implose, cela peut arriver à tout le monde par manque d'amour, de respect de l'autre ou de confiance en soi. La vie de couple est difficile, plus encore aujourd'hui car on vit plus vieux et on attend beaucoup plus de l'amour. On a donc de plus en plus souvent et l'envie et le temps de refaire sa vie, une fois, deux fois, voire plus... Les enjeux ne sont plus les mêmes qu'avant et en même temps le « couple nouveau» n'a pas encore été inventé. Peut-être qu'un film comme celui-ci, par la réflexion qu'il provoque, peut y contribuer ?
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VALÉRIE GUIGNABODET
Auteur / Réalisateur
2009
DIVORCES
2007
DANSE AVEC LUI
2004
MARIAGES !
2001
MONIQUE
Scénariste (entre autres références)
1997/2000
AVOCATS ET ASSOCIÉS
109x52 min. - 11 saisons - France 2
Série créée et développée avec Alain Krief
Festival de la Fiction Française 1999 : Primée meilleure scénariste et meilleure série de 52 minutes
7 d'Or 2000 : nominée dans les catégories «meilleure scénariste» et «meilleure série»
1996
DANS UN GRAND VENT DE FLEURS
Feuilleton 7 x 100 min. - France 2
Scénario, adaptation et dialogues, d'après le roman de Janine Montupet
Réalisation : Gérard Vergez
7 d'Or 1996 : nominée dans les catégories «meilleure scénariste» et «meilleure série»
FRANÇOIS-XAVIER DEMAISON
Filmographie
2010
SANS LAISSER DE TRACES de Grégoire Vigneron
2009
DIVORCES de Valérie Guignabodet
LE PETIT NICOLAS de Laurent Tirard
NEUILLY SA MÈRE ! de Gabriel Julien-Laferrière
TELLEMENT PROCHES de Eric Toledano et Olivier Nakache
2008
MUSÉE HAUT, MUSÉE BAS de Jean-Michel Ribes
COLUCHE, L'HISTOIRE D'UN MEC de Antoine de Caunes
LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE de Rémi Bezançon
DISCO de Fabien Onteniente
48 HEURES PAR JOUR de Catherine Castel
ÇA SE SOIGNE ? de Laurent Chouchan
2007
L'AUBERGE ROUGE de Gérard Krawczyk
2001
OLÉ ! de Florence Quentin
TOUT POUR PLAIRE de Cécile Telerman
PASCALE ARBILLOT
Filmographie sélective
2010
LES PETITS MOUCHOIRS de Guillaume Canet
2009
LES MEILLEURS AMIS DU MONDE de Julien Rambaldi
DIVORCES de Valérie Guignabodet
COCO de Gad Elmaleh
2008
PARLEZ-MOI DE LA PLUIE de Agnès Jaoui
NOTRE UNIVERS IMPITOYABLE de Léa Fazer
2006
UN PRINTEMPS À PARIS de Jacques Bral
2005
EDY de Stéphan Guérin-Tillié
ESPACE DÉTENTE de Yvan Le Bolloc'h et Bruno Solo
2002
PLUS HAUT de Nicolas Brevière
2001
LE GRAND SOIR de Stéphane Brisset
GRÉGOIRE MOULIN CONTRE L'HUMANITÉ de Artus de Penguern
2000
L'EXTRATERRESTRE de Didier Bourdon
1999
LE SOURIRE DU CLOWN de Eric Besnard
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Equipe Artistique

François-Xavier DEMAISON Alex Pascale ARBILLOT Valentine Mathias MLEKUZ Arthur Brigitte CATILLON La juge Juliette ARNAUD Florence Zinedine SOUALEM Marc Cyril COUTON Olive Nathalie CORRÉ Johana Serge HAZANAVICIUS Ben Geneviève CASILE La mère de Valentine Gilles GASTON-DREYFUS Le pompier Valentine BOULY Alice Julie QUEHEN Pauline Frédéric MARANBER Le client Marianne GROVES La cliente TechniqueValérie GUIGNABODET Réalisation Valérie GUIGNABODET Scénario Franck PHILIPPON Valérie GUIGNABODET Dialogues Pierre GILL c.s.c Image Jean MINONDO Son François GROULT Thierry DEROCLES Montage Thérèse RIPAUD Décors Anne SCHOTTE Costumes Françoise CHAPUIS ASSELIN Maquillage Philippe ARQUÉ Coiffure Véronique LABRID a.f.a.r Assistante réalisation Brigitte HÉDOU-PRAT Scripte Gérard MOULÉVRIER a.r.d.a Casting Didier CARREL Régie Chantal THOMINE DESMAZURES Photos de plateau Émilie DE LA HOSSERAYE Emmanuel TROUSSE Making of Nicolas ERRERA Musique Originale Valérie LINDON pour Ré Flexe Music Supervision musicale Jean-Jacques ALBERT Directeur de production Nathalie GASTALDO Productrice associée Philippe GODEAU Produit par































